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Les Carnets de Steiner Le blog d'un artiste peintre qui ne sait pas où il va, mais qui y va quand même. Mes humeurs, mon travail en cours, mais également des informations sur la technique et le processus créatif.

Peinture sans images

Narcisse Steiner

En direct ou presque. J'écris comme ça vient.

 

Bon, voyons, j'ai un fond déjà texturé... ça fait combien de fois que je la reprend, cette 80x100? Au moins cinq fois...

Un fond blanc. Pas un blanc pur, de toutes façons mon seau d'eau de reincage est déjà crade. Voyons ce que ça donne. Intéressant, un blanc tirant sur le beige. Je vais diluer ma peinture un peu plus. Et puis, tiens, je vais finir mon pot de Flash.

Je vais commencer à dessiner une structure. Terre de Sienne naturelle. J'aime bien la manière dont elle se fond avec le blanc. Restons sur l'idée de rouille. Un grand coup de pinceau large imprégné de Terre de Sienne naturelle et une pointe de Terre de Sienne brûlée. Chouette, ça se fond pas mal avec le blanc. 

Merde, j'en ai foutu sur le parquet. Je nettoie. Je trempe mon pinceau dans mon seau d'eau pour le rincer grossièrement. Noir? Non, trop tôt. Je vais préférer intensifier ces zones avec de la Terre d'Ombre naturelle. 

Pause clope, la toile est sur le radiateur. Je suis parfois impatient. Je lance une compile sympa, du mashup. C'est mon trip du moment. 

Je fini ma clope. Un coup d'oeil sur les mails. C'est sec.

 

Retour au chevalet. Je passe des jus dilués de Terres, toutes. Je laisse des zones de blanc. J'ajoute du blanc pur, par endroit.

Aller, du rouge. Rouge permanent. Une grosse giclée sur la planche de médium qui fait office de palette. Une spatule, maintenant. J'étale une longue trainée, bien épaisse sur toute la longueur de la toile, tel l'horizon. 

 

CLang-clang-clang. Je secoue ma bombe de noir, mais pas trois minutes comme c'est marqué sur la notice. C'est long, trois minutes de clang-clang. Je couvre nerveusement le rouge. J'attend. Pas trop longtemps non plus. Avec la même spatule, je râcle l'horizon. Parfait: on dirait une ligne de rouge ombrée au noir, dans un dégradé parfait. 

Un peu de recul. Pause clope. Il manque un élément, un point focal. J'étudie la matière déjà présente sur la toile: épaisseurs de peinture, zones sablées qui se distingue à travers le fond blanc cassé. Un jus de Terre d'Ombre. Ca coule. Je spray généreuse au coeur de cette zone de matière. Intéressant, cette manière qu'à a peinture en bombe de filer entre lesaspérités. J'en prend note. Je râcle n peu au couteau: le sable réapparaît, donnant un relief pas dégueu.

 

Je prend à nouveau du recul, j'évalue les masses, les lumières. Ca y est, je suis passé en mode pensée abstraite. Plus rien ne compte que l'harmonie, la circulation du regard, les points focaux, les transitions. 

Tiens, ici ça mériterait un dégradé. Pourquoi? Je sais pas, c'est comme ça. Et là? Non, là c'est bien comme ça, si je cherche à le modifier je vais le détruire. Un peu de mouvement: une diagonale partant de cette masse sableuse à droite du tableau me paraît bienvenue. Mélange de terre d'ombre et de rouge.

 

Merde, c'est nul, ça fonctionne pas. Je râcle, j'attend que ça sèche, je fume une clope et je consulte mes mails. Je reprend au blanc, par grands brossages. En attendant que je puisse passer une seconde couche plus opaque, je met dit que tiens, je vais faire une ligne ici, verticale. Je plaque ma palette pour faire un cache et je bombe. Ah ouais, ça équilibre pas mal. Aller une autre. Aussi. J'arrête là.

Le blanc de la partie droite n'est pas totalement sec: j'y intègre des nuances de brun, que je brosse horizontalement avec de l'eau presque claire et un jaune sombre, un peu ocre. Je vais voir ce que ça donne plus tard, je m'intéresse au reste du tableau. Mais d'abord, pause clope.

Sous l'horizon rouge, c'et un peu trop vide. Couche épaisse de terre de sienne et de rouge permanent. Coup de bombe. Raclage à la spatule. La matière en dessous ne retient pas bien la peinture, j'ai foiré mon effet. J'attend que ça sèche.

Ca tombe bien, mon album est  fini. Je vais me mettre un peu de musique médiévale, aller. 

 

Je bombe à nouveau la partie rouge/terre. C'est mieux. Je racle à nouveau. Voilà, là ça fonctionne.

Recul. Pause clope.

 

La partie inférieure gauche, celle qui imite les coulées de rouille, est trop présente. Je passe plusieurs jus de blanc pour l'estomper.

En haut à droite, je reprend en jus de jaunes et de terres. Spatulage de brun-noir. Voilà la masse qui manquait à l'équilibre.

 

Je crois que j'ai fini.

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Commentaires

stoni 09/11/2010 13:55


T'aurais pu nous offrir une clope quand même !

Sinon c'est quoi le mashup ??

Tu es bloguesquement prolifique en ce moment.


Narcisse Steiner 09/11/2010 14:06



Pas besoin de proposer, sers toi, Stoni... 


Le mashup c'est un genre musical qui consiste à mixer plusieurs morceaux de différents artistes en un seul. Ce n'est pas vraiment du remix, mais la création d'un tout nouveau morceau à partir
d'autre déjà existants. Un titre mashup peut copmorte de deux à six morceaux, voire plus. 


Jette un oeil sur ce mec: http://www.myspace.com/fanfaroff



Noon 09/11/2010 09:04


En même temps, on savait à quoi s'en tenir (cf le titre de l'article :-)))


Narcisse Steiner 09/11/2010 14:02



Je poste une photo dans la journée :)



pictoneo 09/11/2010 01:01


il a pas tort le Noon du dessus !! :)


Noon 08/11/2010 21:39


Quand tu auras fini 1/ta clope 2/de lire tes mails, on pourra voir ???
:-D