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Les Carnets de Steiner Le blog d'un artiste peintre qui ne sait pas où il va, mais qui y va quand même. Mes humeurs, mon travail en cours, mais également des informations sur la technique et le processus créatif.

Retour sur la technique mixte: mise en pratique

Narcisse Steiner

Après avoir brièvement évoqué la technique dite "mixte", j'ai décidé de la metre sérieusement en application.

Il me falait également être un peu moins exhaustif que dans cet article et y consacrer un vrai bout de ma section "techniques et expériences". 

Qu'appelle t-on technique mixte? Le terme en lui même est des plus génériques, car il regroupe à peu près toutes les formes d'arts plastiques qui combines au moins deux médiums. De manière général, on parle de technique mixte en peinture sur une oeuvre réalisé à l'acrylique et à l'huile. Il en va de même pour la gouache glacée à l'huile (méthode des premiers peintres à l'huile).

Mais la définition étendue intègre, finalement, à peu près n'importe quelle oeuvre dès le moment où on a utilisé autre chose que la seule peinture. Par exemple, un toile acrylique intégrant du sable est déjà considérée comme mixte. 

 

Par simplicité et par soucis d'honnêteté, je me pencherais essentiellement sur la combinaison acrylique/huile. 

Quel est l'intérêt de finir une toile à l'huile? Je pense qu'il y a avant tout une question de confort d'utilisation. L'acrylique est par nature irreversible, c'est à dire qu'une fois sèche, et à moins d'utiliser de puissants solvants (trichloréthylène, acétone), il est impossible d'y faire des reprises. A l'inverse, de par son séchage lent, l'huile permet de nombreuses retouche, voire suppression de couches tant que la matière reste fraîche.

Ainsi, il est possible de reprendre quasi intégralement une couche qu'on estime ratée, et ce sans risque d'altérer la base acrylique.

J'ai également le sentiment que l'huile, une fois diluée et amaigrie (jus à la térébenthine ou au white spirit) "file" bien mieux dans la matière intégrée à l'acrylique que cette dernière diluée à l'eau. Ceci permet des effets de patine et permettre de donne de la profondeur à la toile.

 

En ce qui concerne l'ajout de matière, il est bien plus aisé et rapide de l'intégrer à l'acrylique qu'à l'huile. L'acrylique joue alors le rôle de "colle". 


En ce qui concerne la technique utilisée sur mon triptyque, j'ai volontairement travaillé les masses de couleurs de façon très claire, un peu plus que ce que j'attendais du résultat final, et ce en prévision des glacis qui la finirait. 

Je rappelle que le glacis est une technique particulièrement efficace en peinture à l'huile, du fait de sa transparence. C'est d'autant plus étonnant qu'à pigments identiques, l'opacité change considérablement d'une médium à l'autre.

J'ai dilué ma peinture à l'huile de lin puis repassé, couche par couche, les masses de couleur et de matière acrylique. L'ensemble des zones sombre a été imprégnée de ce jus d'huile, donnant à l'ensemble une profondeur que je n'aurais jamais pu obtenir autrement. L'huile filant dans les reliefs du sable et des cendres, il m'a suffit de passer un chiffon pour enlever l'excès de peinture. C'est l'effet de patine que je citais plus haut.  

Par endroit, j'ai profité de la facilité de fondus que permet l'huile pour dégrader plus délicatement certaines couleurs entres elles, notamment dans les nuances de rouges apparaissant à partir du deuxième volet. Cette intensité de rouge, une fois de plus, n'a été permise que grâce à la concentration pigmentaire plus importante de l'huile. 

 

Le problème de la technique mixte huile/acrylique réside essentiellement dans le fait qu'elle empêche tout recouvrement ultérieur, en cas de recyclage de toile. Mais c'est le problème de la peinture à l'huile en général. Il est donc important de savoir si cette superposition d'huile est vraiment nécessaire à la toile, et parfois savoir se contenter d'une belle acrylique. Le mieux est l'ennemi du bien...

 

Dans un contexte plus classique, la technique mixte devient pourtant un vrai gain de temps. Par exemple, j'envisagerais difficile de revenir vers un style figuratif réaliste en usant exclusivement de l'un ou l'autre medium. Dessin général à l'acrylique, peinture du fond, des teintes principales... puis on accentue les couleurs avec une huile transparente, on crée de merveilleux fondus... 

Une peinture entière réalisée à l'huile exige une temporisation très longue entre chaque couche, et le fait de créer ces bases avec une peinture maigre simplifie beaucoup les choses.

Il y en encore beaucoup à dire sur cette technique, mais je préfère y revenir lorsque que mon expérience dans ce domaine sera plus conséquente!

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Commentaires

FERREC 14/10/2012 17:35

Bonjour!
je peins régulièrement des toiles en Technique mixte et je termine à l'huile.
Pourquoi?
Et bien parce que l'huile propose des couleurs infiniment plus riches et variées que l'acry.
Quand ma toile est terminée et sèche, je me fais plaisir en étalant les couleurs à l'huile et ce uniquement avec les doigts pour éviter toute trace de pinceau.
le résultat est bien plus "chaud" que l'acry. seule!.
je vais utiliser votre technique de dilution à l'huile de lin ou à la thérébentine pour obtenir certains mélanges sur la toile.
Amitiés.

e-gore 21/11/2010 18:58


Un article intéressant.
Je suis moi-même dans la peinture, un peu en stand-by le temps de mon séjour à Paris (presque deux ans), mais dans la peinture quand-même.
J'utilise également la technique mixte, qui comme tu le dis est présent dès que le mélange de deux medium intervient. Je reviendrai sur ton site un peu plus tard. Je l'ai mis dans mes favoris
peintures.
A+
Mon site de pienture : www.e-gore.fr


Narcisse Steiner 21/11/2010 22:09



Merci de ton intérêt.


J'ai jeté un oeil à ton travail, je vois que tu utilise pas mal le collage. C'est quelque chose que j'ai pas encore fait, mais j'y viendrais peut être, quand le besoin s'en fera sentir.


 


A bientôt!