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Les Carnets de Steiner Le blog d'un artiste peintre qui ne sait pas où il va, mais qui y va quand même. Mes humeurs, mon travail en cours, mais également des informations sur la technique et le processus créatif.

Sortie de crise (mais que pour moi)

Narcisse Steiner
Finie la culpabilité de la procrastination et de la flemme, retour à la création!
Non content de reprendre l'écriture (toujours laborieuse mais effective) de mon roman, je remet le nez dans la peinture qui tâche. Le retour à l'écriture est né de l'ennui, pur et simple, epprouvé pendant une journée de boulot particulièrement vide. Peu importe les raisons, le fait est que j'y reviens, lentement mais sûrement.
Quant à la peinture, je pense qu'il s'agit de l'action conjointe de la tablette graphique et de la volonté d'être accrochée quelque part....

La tablette graphique, d'abord, parce que malgré sa praticité, sa flexibilité et tout ce qui fait le bonheur du graphiste, elle ne rendra jamais l'aspect "physique" d'une peinture traditionnelle. QUand je parle de physique, je parle non seulement du support, tangible, mais aussi et surtout de l'investissement corporel que la mise en application de l'oeuvre exige. Bien entendu, les peintres de chaton sur des coussins ou de champs de lavande ne ressentiront jamais (corrigez moi si je me trompe, je reste ouvert d'esprit....). L'investissement physique, c'est lorsqu'on a la sensation d'engager une lutte contre la toile vierge, quand les formes posées au hasard des coups de pinceaux cherchent à échapper à notre contrôle et qu'on s'épuise à les confiner à notre idée première; c'est la saine fatigue qu'on ressent lorsqu'on a enfin le sentiment d'en avoir fini avec celle là. Je me rappelle une phrase attribuée à Pollock, qui, répondant à une journaliste curieuse de savoir à quel moment il savait que sa toile était finie, lui posa en retour la question "Quand est-ce que vous savez que vous avez fini de faire l'amour?".
En gros, c'est ça, l'investissement physique.
Et ça, ça me manquait foutrement.

Malgré mes déboires en terme d'art abstrait, j'ai remarqué que c'était le style dans lequel je ressentais le plus cette confrontation à la toile blanche. C'est pourquoi je tente à nouveau le coup, l'esprit reposé après plusieurs semaines (mois?) de blocage.
Je reste particulièrement influencé par mon camarade Beckman, qui, je l'avais déjà dit il y a quelque temps, est l'artiste qui m'a fait apprécier l'art abstrait. Sans parler de le singer, je reconnais volontier que j'emprunte à son travail plusieurs éléments qui ont été en eux-même les moteurs de la séduction de son travail; le plus évident reste la palette noir/rouge/blanc.
Il y a des choses que je ne comprend pas dans sa technique, qui me font me demander "mais putain, comment il a fait ça?" et il est hors de question de lui voler ses secrets. Mais chercher à comprendre est sans doute le meilleur moyen de découvrir des techniques qui elles-même me fernt évoluer vers un style plus personnel.

Philippe, si tu me lis, je te prie de croire à mon plus profond respect, envers toi et ton travail, et qu'il ne s'agit pas de reprendre à mon compte tes idées!

Passons maintenant à ce que j'attend de ma période abstraite: en un mot, rien. Je pense que tente le coup une nouvelle fois simplement pour avoir un prétexte à la technique, au plaisir du cheminement. Ce que je recherche, c'est la manipulation de la matière, de la couleur,  le tout menant à quelque chose qui flatte l'oeil, et eluder volontairement tout le côté intellectuel qui a longtemps cimenté mon hermétisme à l'art abstrait; plus que jamais, je ne sais pas ce que je peins.

Maintenant, il va falloir passer outre les contraintes matérielles. Depuis que j'ai installé mon bureau dans le salon en lieu et place de mon "coin atelier", il va m'être difficile de travailler à l'aise sans faire ressembler l'apartement à un champ de bataille. Aurais-je le culot, une fois les beaux jours durablement installés, de descendre avec mon matériel pour barbouiller dans la cour intérieur de l'immeuble?  Sincèrement, non, sauf cas de force majeure. Je crois que j'aurais du mal à peindre pleinement sous six étages de regards potentiels. J'aurais l'impression de jouer l'artiste exhibitionniste, poseur.
Question matériel, j'ai encore ce qu'il faut, mais mon attirail ne saura être complet qu'après le renouvellement de mes bombes de peinture, de tubes d'acrylique de diférentes consistances et quelques médiums à effets choisis.

Une fois paré, j'ai bien l'intention de torcher une dizaine d'oeuvres en différents formats, histoire d'avoir quelque chose de cohérent à présenter à un copain caviste qui me proposait en toute gentillesse d'accrocher mes toiles pour une durée indéterminée. De peur de trop m'avancer, j'en dirais plus lorsque ce sera d'actualité.

Voilà, j'ai la tête bien pleine et j'aimerais une fois de plus profiter avantageusement de ce moment d'euphorie créative pour enfin sortir de la boucle du néant....
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Commentaires

stoni 23/03/2010 09:56


OUaiiiiiiss !!!!


pictoneo 23/03/2010 09:40


Texte qui sonne juste, Ô combien, concernant l'engagement physique dans la peinture, et ton ré-engagement propre...plaisir d'y voir de l'énergie !
Bon travail !


Narcisse Steiner 25/03/2010 21:27


C'est en effet une partie essentielle de l'acte de peindre et du plaisir ressenti. Je ne peins pas comme je regarde la télé; de toutes manière, j'en ai pas. L'effort n'est pas que physique, il est
aussi mental, et c'est d'autant plus difficile pour moi, venant du figuratif, de ne pas charcher à modeler la forme naissante et la tirer vers la forme concrète.
Merci pour la remarque!


beckman 22/03/2010 10:30


Tu as mon humble soutien Narcisse, mais saches que l'implication dans la voie abstraite rend fou! , un seul remède à cette aliénation, après quelques nécessaires immersions abyssales engendrées par
la "chose" abstraite , faire des pauses "figuratives" pour reprendre de l'air en surface, s'octroyer ces récréations dans le figuratif, est pour ma part un mal :) essentiel pour me retrouver les
pieds sur terre, respirer un bon coup, avant les prochaines apnées....


Narcisse Steiner 22/03/2010 12:35


Oui, je comprend... J'ai pu constaté que toi même avait fait un break pour revenir finalement vers du figuratif... Je penseque cet aspect là, je le trouverais dans l'usage de ma tablette graphique,
finalement plus récréative que créative tout court...
Allez, je vais me confronter à la matière et à la toile vide, j'ai plus rien à perdre!


noon 22/03/2010 09:55


Ah, ça met une belle pêche de lire ça le lundi matin :-)))
Allez, tu es sur la bonne voie. Tu verras, une fois qu'on a des objectifs en ligne de mire, on avance beaucoup plus sereinement.
Certes, il y a toujours des difficultés, mais justement, on dépense son énergie à essayer de les résoudre, plutôt qu'à tourner en rond à l'intérieur de soi. C'est beaucoup plus sain et
gratifiant.
Bises


Narcisse Steiner 22/03/2010 12:33


J'en ressens déjà les prémices, et pas forcément les bons: c'est à confirmer, mais dès que je rentre dans une phase créative euphorique, mes insomnies reviennent. Mon dsintérêt partiel de la
peinture aynat coïncidé avec mon retour au travail, je n'y vait pas prêté attention... mais là, je me rend compte que quand ça bouillonne trop, c'est pas génial non plus.
A moi les yeux rouges et la lenteur d'action!