Vendredi 2 septembre 2011 5 02 /09 /Sep /2011 10:04
- Publié dans : Travail en cours

Bien! Le projet collaboratif avec Marc Thorpe prend une autre tournure. Déjà, parce que nous avons l'occasion de nous voir plus souvent. En effet, je suis de retour à Calais pour un petit moment. Ensuite, parce qu'une commande nous a été passé. J'en profite donc pour faire un peu de pub copinage.

C'est un couple d'amis musicien, Gwenved, complètement subjugués et en admiration totale devant notre époustouflant travail à deux mains, qui nous a proposé de réaliser la pochette de leur album en suivant ce processus. 

Pour l'instant, nous en sommes encore au stade "échauffement", le temps de reprendre un bon rythme. Il s'agira ensuite d'attaqer un grand format pour pouvoir le recadrer et en faire la couverture. J'en parlerai plus avant lorsque Marc et moi auront réellement réalisé quelque chose de concret (et j'en profiterai pour parler un peu plus de Gwenved!)

 

En attendant, voici le second "Cadavre Esquisse" daté du mois de juillet. La technique reste la même: stylo à bille noir sur papier aquarelle. Le type de papier impore peu, d'ailleurs nous en essayons un nouveau à chaque dessin, pour celui qui nous offre le plus de possibilités.

 

Cadavreesquisse-3

 

***

Voici le dernier en date, réalisé la semaine dernière même. Celui-ci mérite qu'on s'y attarde un peu, car il semble marquer un tournant dans notre façon de dessiner.

Premièrement, on remarque d'emblée que le sens de lecture y est évident. Ce dessin a été construit comme un vaste paysage aux perspectives étranges; pour autant, le dessin est bien plus cohérent que ce qui nous avons réalisé jusque là.

Nous avons aussi constaté que le niveau de détail est plus élevé, sans savoir exactement ce qui nous a poussé à travailler de cette façon, mais il est probable que le grain fin du papier y soit pour quelque chose.  

Il semblerait également qu'au fil des dessins, il devient de moins en moins évident de discerner quels sont les éléments ajoutés par Marc des miens. C'est comme si il se produisait une sorte d'ajustement des styles, contribuant à une plus grande cohérence et à plus d'ordre dans le résultat final. Dans un sens, on peu dire que c'est beaucoup plus sage, mais bien mieux maîtrisé. 

 

Cadavre-esquisse-4

 

Cela dit, impossible de nous méprendre sur l'origine: on reconnaît une multitude d'éléments récurrents qui font l'unicité de notre patte. 

 

Hors sujet: j'en profite pour remercier Elodie et Jon, Eugénie et Damien, Marie, Slim, Jean-Michel, Stéphanie, Diane et Marc... et les autres que j'aurais oublié, ce qui est clairement le cas, pour avoir adopté quelques unes de mes toiles et ainsi soulager mon déménagement! De ce que j'ai pu voir, certaines toiles donnent l'impression d'avoir été peintes sur place tant elles ont l'air chez elles. 

 

A bientôt pour de nouvelles aventures, youhou.

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Mercredi 17 août 2011 3 17 /08 /Août /2011 16:00
- Publié dans : Travail en cours

J'ai reçu le scan du premier dessin collaboratif avec Marc Thorpe! Merci à Céline d'avoir pris le temps de faire.

 

Je ne me rappelle plus du format exact, mais à peu de choses près, ce dessin a été executé sur du papier aquarelle Dalbe, 300g/m², 19,7x13,4 . Stylo à bille noir uniquement.

 

Un sens de lecture unique peut être décelé, en grande partie grâce à la signature, mais il peut se regarder dans presque tout les sens. 

 

Marc-Thorpe---Narcisse-Steiner-23-07-2011--1-.jpg

 

J'attend encore le deuxième dessin, il sera posté.... un jour.

 

 

 

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Lundi 1 août 2011 1 01 /08 /Août /2011 23:03
- Publié dans : Travail en cours

Avec un titre pareil, je risque de me retrouver avec un lectorat douteux!

Je parle bien évident de la collaboration entre artistes.

Tout à commencé le 23 juillets dernier. J'étais alors convié, ainsi que le noyau dur de mes amis, à un barbecue belge. Comme souvent, je me laissais emporter par mon attention distraite et, me mêlant aux bavardage ambiants, je gribouillais sur un carnet. Papier aquarelle, stylo à bille. 


Profitant d'un moment d'inattention, mon ami Marc Thorpe s'empara du carnet et, installé dans l'herbe, entreprit de continuer le dessin que j'avais entamé. Puis me repassa le carnet. J'y ajoutais mes éléments. Il le reprit, y ajouta les siens, et ainsi de suite, tout le long de la soirée.

 

 

Le résultat est étonnant: un imbriquement chaotiques de formes abstraites et figuratives, dans une composition défiant toute logique. Aucun sens de lecture apparent, aucun fil continu. Et pourtant, ça fonctionne.

Une sorte de dessin automatique à deux mains, sans concertation, d'ailleurs il n'en est nul besoin. L'exercice est passionnant, car il confronte deux techniques (bien que le dessin entier n'aie pour seul médium que le stylo à bille), deux styles différents, deux personnalités, l'un reprenant le dessin de l'autre, y appliquant plus de contraste, de texture, détourne le sens de lecture... jusqu'au moment où, tout naturellement, le dessin semble fini à l'un et l'autre: il est alors temps de le signer et de passer de longues heures à le regarder ensemble, à le tourner, le retourner, remarquer un élément qui nous avait échappé.

 

Le "produit fini" est alors une grande source de satisfaction. Il est l'aboutissement de plusieurs heures de travail réparties équitablement (du moins j'en ai l'impression) avec un naturel surprenant.  C'est, à titre personnel, une victoire sur la sacro-sainte symbiose qui existe entre deux potes musiciens: l'un prend sa guitare, l'autre son jembé et c'est parti pour de longues heures de grattage et de tapage bruyant dans le seul but de partager quelque chose. Honnêtement, je crois que j'ai toujours jalousé le pouvoir des musiciens à pouvoir en quelques accords entrer en résonance avec l'autre. 

Désormais, ce n'est plus le privilège des gens qui font du bruit: on peut "symbioser" avec un simple stylo à bille. 

Cela dit, comme pour les musiciens, j'imagine que c'est la relation particulière que j'ai avec Marc qui s'est cristallisée autour de ce dessin et des autres qui ont suivit dans la semaine: parfois, ça peut ne pas marcher. Marc et moi avons beaucoup de choses en commun, et avons longtemps été l'élément déclencheur l'un de l'autre pour diverses activités: c'est lui qui m'a initié à la peinture sur figurine, à travers laquelle j'ai naturellement évolué vers la peinture traditionnelle, qu'il pratiquait lui même un temps. C'est avec lui que nous avons entrepris le projet Ouroborea, pendant de longues soirées brainstorming. Avec le recul, j'ai l'impression que nous avons toujours trouvé des prétextes pour faires des trucs ensemble, le résultat final étant clairement secondaire.

 

 

Étonnement, le dessin à deux mains n'avais pas encore été expérimenté. J'étais sans doute freiné par mon faible niveau en dessin, domaine où Marc me bat à plate couture. Mais le fait est que la comparaison était difficilement tenable dans la mesure où nos styles graphiques, bien qu'ayant les même racines, sont radicalement différents. Là où Marc est un adepte de la ligne claire, je suis plutôt influencé par un graphisme académique où les contours sont plus flous, moins présents. Là où le dessin de Marc s'impose en terme de contour, le mien est basé sur le travail des textures. En somme, rien ne nous prédisposait à travailler sur une même oeuvre, mais pensez-en ce que vous voulez, l'harmonie naît du chaos...

 

En discutant de notre réalisation tard dans la nuit, le mot "compétition" est sorti. On a vite comprit qu'il ne s'agissait pas tant de compétition que de surenchère et d'émulation. Je crois que l'un comme l'autre sommes motivés par l'envie d'aller le plus loin possible dans le chaos du dessin, les éléments ajoutés par l'un étant un discret appel du pied, l'air de dire "hé, rebondis là dessus!". Le but du jeu n'est pas de bloquer l'autre, mais plutôt de lui proposer un tremplin pour la suite, jusqu'au moment où le dessin semble "fermé". Paradoxalement, on parle de fermeture lorsque le dessin présente un élément trop ouvert (type paysage ou forme trop complexe pour l'autre puisse ajouter quelque chose en arrière-plan). 

Il est amusant de constater que nous nous inspirons l'un l'autre: je tente de reproduire son style ou un élément récurrent de son dessin et de le mettre à ma sauce; lui reprenant mes "manies" à la sienne. 

 

 

Autre chose, j'évoquais les différences qui existent entre le travail de Marc et le mien, qui sont à mon avis une simple question de goût et de parti-pris esthétique, mais il en est une autre qui me semble être un point intéressant à creuser: je suis droitier, et Marc est gaucher. Nous stimulons donc chacun un hémisphère de notre cerveau. Techniquement, nos dessins sont donc l'oeuvre d'un seul cerveau fonctionnant à son plein potentiel. Les sciences cognitives n'étant pas mon fort, je ne vais pas m'aventurer sur ce terrain, mais je pense qu'un "effet miroir" est à l'oeuvre dans nos dessins et leurs confère cette "symétrie" étrange.  

 

Je ne dispose malheureusement que d'un seul des trois dessins réalisés, dont voilà le scan. Il s'agit du plus grand des trois. Il a été exécuté sur un papier aquarelle 100% coton, 300g/m², 18x26, grain satiné (donc très lisse). Pourquoi du papier aquarelle alors que nous ne dessinons qu'au Bic? Premièrement parce que je ne dessine presque que sur du papier aquarelle, dans l'éventualité d'une mise en couleur. Ensuite, et c'est la corollaire, parce que je n'avais que ça dans mon sac. 

Pourquoi le Bic? Vous le saurez dans un prochain article.

Je poste le dessin dans les deux sens de lecture que nous avons pu détecter. A vous de choisir lequel vous préférez. Vous pouvez aussi vous amuser à trouver qui a dessiné quoi...

Prochaine étape, un grand format!

 

DessinMT-NS.jpg

 

DessinMT-NS2.jpg

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Dimanche 17 juillet 2011 7 17 /07 /Juil /2011 17:37
- Publié dans : Masturbation mentale

Quand j'ai commencé la peinture, j'étais enthousiaste, pas découragé pour un sou devant les nombreux obstacles qui me mèneront à être un bon peintre. Ou un vrai peintre. 

Je vante souvent le fait que je suis un autodidacte, chemin plus long mais Ô combien gratifiant lorsqu'on arrive à un résultat satisfaisant par soi même. Cependant, autodidacte ne signife pas de se lancer sans quelques bases. Ces bases, simplement, ne sont pas acquises par le biais d'un maître, mais par nos propres recherches. Il faut de la motivation et beaucoup de curiosité pour les acquérir et les digérer.

 

Pendant ces recherches, un phrase glânée au détour d'un site dont j'ai oublié le nom me trotte dans la tête depuis un bon moment. Cette phrase, je la comprend, elle est l'évidence même, et pourtant, après cinq ans de peinture active, je ne parviens toujours pas à l'appliquer: Peindre ce que l'ont voit. 

Prenons l'exemple d'un nature morte. Aller, une tomate. J'ai compris que si on pars avec l'idée de peindre ces objets, on est foutu d'avance. Je ne dois pas peindre une tomate. Je dois analyser la forme, le volume, la lumière, trois éléments qui me font voir ce que je perçois comme étant une tomate, c'est à dire un volume plutôt ovoïde, d'un beau rouge vibrant, des ombres qui galbent sa structure et un éclat de lumière. Ces éléments, s'il sont correctement agencés entre eux, devrait, plus ou moins, ressembler à l'idée qu'on se fait d'un tomate, non?

C'est simple sur le papier. Ca l'est moins en réalité. Notre perception d'une chose est toujours court-circuité par l'idée qu'on en a. On ne voit pas un cylindre brunâtre surmontée d'un touffe verte vaguement sphérique lorsqu'on regarde un arbre, on ne voit pas une boule rouge lorsqu'on regarde cette tomate. On voit un arbre ou une tomate, l'image mentale s'impose directement à nous, on a presque pas le choix, exactement comme lorsqu'on lit automatique un panneau publicitaire sans avoir réfléchi à la forme et la position de ces symboles graphiques que sont les lettres. 

Le problème, car s'en devient un lorsqu'on peint, peut devenir difficile à surmonter. On est toujours ratrapé par l'image mentale qu'on a du sujet. Quand je peins une tomate, ou plutôt, si je devais peindre une tomate, j'aurais beaucoup de mal à me dire que je peint autre chose qu'un fruit juteux à la peau tendu comme un ballon. J'aurais tendance à peindre l'idée que je me fait de la tomate. Je ne parviens pas à aller à l'essentiel et peindre une putain de sphère rouge presque lisse. 

Quand les enfants dessinnent le soleil, vous avez neuf chanche sur dix pour qu'il le représente comme un rond et des rayons. Pourquoi les rayons sont-ils représentés, alors qu'il sont invisible dans la réalité? Parce qu'ils peignent l'idée qu'il en ont, de la même manière l'eau sera toujours bleu. Les pattes de son chien seront toujours toutes visibles, quelle que soit sa position. C'est un problème récurrent, qui me pousse moi-même, lorsque je tente de dessiner une créature, à représenter des parties du corps que la logique de la perspective nous cacherait, comme par peur que le dessin ne soit pas compris. 

 

Bien sûr, avec l'expérience, des automatismes se mettent en place et il est possible de dessiner de tête à peu près n'importe quoi. On acquiert une logique des volumes, poser les ombres et les lumières se fait à l'instinct, le sens de la perspective et des raccourcis se développe... Ce qui m'impressionne, chez les vrais dessinateurs, c'est cette faculté à ne pas douter d'eux et de leur travail, là où moi je tâtonne pendant des plombes parce que je n'arrive pas à voir si cette lumière ou cette ombres est bien placée ou pas. 

 

Revenons en à "peindre ce que l'on voit". L'idée est donc de retranscrire sans intermédiaire le sujet. Aller à l'essentiel. Pas fioritures ou de détails inutiles; c'est secondaire. Savoir résumer son sujet sans l'appauvrir, le caractériser, sans tomber dans la facilité. 

Pour ce faire, je me pose quelques contraintes, comme par exemple n'utiliser que des grosses brosses qui m'évitent de me perdre dans les détails, mais ce n'est pas suffisant: encore faut-il avoir un sens aiguë des couleurs, que ce soit via les primaires et leur mélange comme avec une gamme conséquentes de toutes les nuances imaginables. 

Après tout, si le volume et la texture d'un sujet est biaisé par l'image mentale qu'on en a, il se passe exactement la même chose avec la perception de ses couleurs. N'y a t-il pas un nuance orangée sur cette tomate? L'écorce de ce tronc d'arbre se résume-t-il à un brun? Son ombre portée est-elle noire? Non, et non à toutes ces questions. 

 

Après cinq ans de peinture, le constat est là: je ne sais pas regarder. Je ne vois pas les coses comme elles sont, et je ne parviens pas à me défaire du filtre de l'idée que j'ai de mon sujet. Je prend des raccourcis qui me semblent évidents: c'est ce que j'appelle le syndrôme de la représentation générique. 

 

L'auteur de BD Boulet a magistralement illustré cette idée dans une de ses notes, malheureusement je ne parviens pas à retrouver la planche concernée! Il était questiondes petites manies des dessinateurs, par exemple lorsqu'ils dessinent un téléphone à cadran. Quand on pense outil, on pense "marteau". Outil générique. Une arme blanche? Un couteau ou une épée, pas une hache ou un lance-flamme. Ce phénonème est bien connu et est largement exploité dans la représentation symbolique des choses. C'est ce qui fait des pictogrammes un langage universelle, immédiatement compris de tous. Partant de ce constat, je je suis quasiment certain qu'en l'an 3000, lorsque la suspension antigrav aura aboli l'usage de la roue sur nos véhicules, le panneau "chaussée glissante" n'aura, lui, pas changé d'un iota. 

 

Mais je digresse, et je perds de vue mon sujet. En conclusion: je dois apprendre à voir froidement les choses, et mettre un frein à la facilité de la projection. La peinture et le dessin deviennent mathématiques, analysés. 

Je pense que c'est l'étape la plus difficile à passer, mais j'y travaille.

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Dimanche 17 juillet 2011 7 17 /07 /Juil /2011 00:10
- Publié dans : Humeurs

... en réponse à JPL. Vous ne m'en voudrez pas de vous répondre publiquement, finalement ce sera profitable à tout le monde. Début de la discussion ici, dans les commentaires.

Et moi ça me fait un article.... 

*****

 

J'ai jeté un oeil au travail de Mursic. Ses couleurs sont très belles, malheureusement je n'ai pas eu le déclic. Je pense que c'est pour la simple et bonne raison que ce style d'abstrait/paysage est très en vogue et je commence à ressentir l'overdose... Cela dit, ça n'enlève rien à la qualité de sa peinture.
L'influence que je citais dans les commentaires, c'est Philippe Beckman, installé en Bretagne également. Son site est dans mes liens, je ne doute pas que vous trouverez l'influence évidente...
Mais au fait, pourquoi chercher à copier? Qui plus est, copier de l'abstrait est, dans ma façon de peindre en tout cas, impossible. A vrai dire, je serais même incapable de reproduire un de mes propres tableaux! Pourquoi? Parce que le hasard tient une place importante dans ma peinture? Je ne parle pas forcément du fait de poser des tâches au pif en croisant les doigts pour ça donne quelque chose de potable. Le geste est important: il est unique. Quand je lance un coup de couteau ou de pinceau, j'ai une idée en tête, et je l'applique sans forcément réfléchir, surtout quand je débute la toile. Parfois je passe beaucoup de temps à composer une structure agréable à l'oeil, avant de tout recouvrir et de recommencer, parce qu'il y aura eu le geste de trop. Tenter de rattraper le coup serait comparable à de l'acharnement thérapeutique.  Le plus dur en peinture, et particulièrement en abstrait, c'est de savoir s'arrêter! 
 
Si le déroulement de la peinture se passe bien, de manière fluide, je constate que les nombreuses touches et couches de peinture précédemment appliquées finissent par créer une structure aléatoire qui, à mon sens, influent considérablement le résultat final. Ici, un empâtement accrochera un paquet de peinture; là, les stries d'un coup de pinceau piègeront une peinture plus liquide. Il en va de même pour la teinte finale, mais dans une moindre mesure, puisque mes noirs, rouges et blanc sont très opaques. Je pense donc que le résultat de ma peinture est fonction de toutes mes erreurs, tâtonnements, reprises... d'où l'importance de travailler à l'acrylique. 
Son séchage rapide permet d'enchaîner les couches et les couches, avant que l'inspiration et/ou la motivation ne s'évaporent. 
 
En ce moment, je m'essaye vainement à un nouveau travail abstrait, à l'huile cette fois, et il me serait clairement impossible de faire ce que je fais avec l'acrylique. 
Le fait que vous travailliez sur de l'Isorel, même côté rugueux, n'est pas la cause de votre "échec". Le problème se situe dans le procédé. Je ne peux m'empêcher de vous imaginer le pinceau à la main, tentant de reproduire la moindre ligne, dégradé ou aplat le nez collé sur la toile, là où ces efets sont souvent le fuit d'un heureux hasard. :)
L'huile me permet en revanche des glacis et fondus très périlleux à réaliser à l'acrylique. Pour tout dire, j'expérimente en ce moment ls effets vaporeux et crépusculaire de Turner, qui m'influence considérablement depuis quelques jours. Sans doute la faute d'un client régulier du magasin où je bosse, pour lequel j'ai beaucoup d'admiration. Un grand type, imaginez l'inspecteur Harry, en plus dandy. Ce type peint des ciels. J'étais sceptique jusqu'à voir son travail: je suis resté sur le cul. 
Mercredi, il est entré dans le magasin, bouleversé. Il me dit "Elle est très belle la toile dans la vitrine!" Je lui demande laquelle. "Celle dans les tons violets... on dirait l'Incendie du Parlement de Turner".  "Ah ben, merci." J'étais un peu gêné.
Il ne m'a pas cru quand je lui ai dit que c'était ma toile. Il m'avoué qu'il pensait qu'elle était l'oeuvre d'un vieux peintre, dans la soixantaine. 
Alors il m'a regardé, un long silence, et m'a simplement dit, de sa voix basse et caressante,"Vous êtes un vrai peintre."
C'est, je crois, le plus beau compliment qu'on m'ai fait depuis que j'ai pris un pinceau pour la première fois. Pas un bon peintre, un vrai peintre. Venant de lui, ça m'a profondément touché.
Vendredi, il est revenu acheter une bricole mais surtout avec un livre sur Turner, qu'il m'a généreusement offert. On a encore un peu parlé de peinture, et comme je ne bosserai plus dans ce magasin avant la fin de l'été, avons échangé nos coordonnées.
 
Pourquoi je vous raconte cette anecdote un peu prétentieuse? Parce que déjà, je ne perd pas une occasion de me regonfler l'égo en la narrant chaque fois que je peux. :)
Mais surtout pour illustrer le fait que parfois, un simplement commentaire, remarue positive sur votre travail peut considérablement influence la suite de votre oeuvre. Et clairement, depuis la nuit dernière, j'enchaîne les toiles et les pochades avec plus ou moins de succès, complètement encré dans les toiles de Turner donc je tente de reproduire les lumières éblouissantes et apocalyptiques de ses marines. J'étais dans un flou profond depuis la fin de la série Chaos, d'où mon absence sur le blog... mais là je pense avoir repris pied. 
 
Copier n'est pas un mal. Le plus important, c'est ce qu'on tire de la copie, ce qu'elle nous apprend sur notre propre style et technique, et ce que potentiellement cela va apporter à nos futures oeuvres. Parfois, ça n'apporte rien. Mais au moins on le sait. D'autres fois, ça ressort bien des années plus tard.  
Expérimentez! On ne peint pas un chef-d'oeuvre à chaque scéance peinture, mais on en apprend chaque fois un peu plus.
PS: Turner, ça envoie du bois, quand même:
 
http://www.artsetloisirs95.net/wordpress/wp-content/uploads/2010/05/turner_g.jpg
C'est le seul tableau que je trouve réellement éblouissant, au sens propre.
 
http://www.ibiblio.org/wm/paint/auth/turner/i/slave-ship.jpg
The Slave Ship, ou comment Turner a posé les bases de l'abstraction moderne.
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